Fin 1983, je sors de ma banlieue ignorante, abrutissante et surtout étouffante pour un boulot dans un théâtre de la grande ville... le rêve...
J'y découvre, de nouvelles gens, de nouvelles idées, de nouvelles façons de voir (et de manger!!) et suis confrontée a une ouverture sur le monde que je n'aurais jamais pû imaginer dans ma banlieue fermée et retardée. J'y apprend une multitude de choses nouvelles et excitantes, bien plus que dans ce stupide cegep de banlieue où on me fait perdre mon temps... Un monde nouveau s'ouvre a moi, plein d'idées, de couleurs et de saveurs nouvelles... Une collègue m'emmène au cinéma voir un film qui fait beaucoup de bruit : "La Ballade de Narayama"...
"meh! ... un film - gulp - japonais?! sous-titré en plus?!?!
Ben la..."
Je n'ai jamais regretté d'y être allée. Soudain, mon monde n'était plus si petit et enfin je respirais!!
Bon repos M Imamura!
Décès du réalisateur japonais Shohei Imamura, deux fois Palme d'or
TOKYO - Shohei Imamura est décédé ê l'âge de 79 ans, ont rapporté les médias nippons. L'illustre réalisateur japonais avait notamment remporté deux fois la Palme d'or ê Cannes, pour "La Ballade de Narayama" en 1983 et pour "L'Anguille" en 1997.
Le cinéaste et scénariste est considéré comme l'un des plus grands réalisateurs de son pays. Shohei Imamura fut une des principales figures de la "Nouvelle vague" nippone née dans les années 1960. Son nom y est souvent associé ê celui d'un autre rebelle, Nagisa Oshima.
Né le 15 septembre 1926, le réalisateur entame sa carrière en étant l'assistant de Yasujiro Ozu dans les années 1950, au moment où le cinéma japonais signe ses plus grands classiques. Il passe ê la réalisation en 1958 et crée sa maison de produciton en 1965.
Cinéaste volontiers esthétisant, mais aussi critique social, Imamura se fait remarquer aussi avec "Pluie noire" (1989) qui décrit l'après-bombe A ê Hiroshima dans une atmosphère onirique de fin du monde. Ce film est un échec financier ce qui l'a contraint ê cesser de tourner jusqu'en 1996.
On retrouve souvent le goût du fantastique mais aussi du naturalisme dans son oeuvre, composée d'une vingtaine de moyens et longs métrages (principalement de fiction). Le cinéaste ne manquait pas d'humour comme en témoigne l'étonnant et rabelaisien "De l'eau tiède sous un pont rouge" (1997), ode au plaisir et ê la jouissance.
En 1983, sa victoire ê Cannes avec "La Ballade de Narayama" lui donne une audience internationale. Un documentaire sur le cinéaste a été réalisé en 1995par le Portugais Paulo Rocha: "Shohei Imamura, le libre penseur".
SDA-ATS