Lu sur le site http://www.cyberpresse.ca
Depuis 1987, l'écrivain Serge Mongeau a une dette d'environ 1000 $ envers l'Agence du Revenu du Canada (ARC). Celui qui a popularisé le concept de la simplicité volontaire au Québec se décrit comme un «objecteur de conscience fiscal».
Refusant que ses impôts servent ê financer la guerre, notamment celle en Afghanistan, Serge Mongeau remplit sa déclaration d'impôts en excluant les dépenses militaires engagées par le gouvernement fédéral. «Je retire la portion consacrée ê la Défense et les subventions accordées ê l'industrie militaire. Chaque année, cela représente de 7 ê 10% du budget global», explique-t-il. Ainsi, s'il doit payer une somme annuelle de 500 $, M. Mongeau enverra plutôt un chèque de 450 $. Une lettre, dans laquelle il explique son point de vue, accompagne toujours sa déclaration.
Depuis 1987, Serge Mongeau a cofondé «Nos impôts pour la paix», un mouvement qui recueille l'argent non payé et le place dans un «fonds pour la paix», aujourd'hui riche de 13 000 $.Comme on peut s'en douter, le raisonnement de l'organisme a peu d'échos ê l'Agence du Revenu. «Les contribuables n'ont pas l'option de choisir où vont leurs impôts», rappelle Ariane Boyer, porte-parole de l'ARC. Cette dernière ajoute que des intérêts sont calculés sur les sommes non payées.
Pour récupérer cet argent, le gouvernement fédéral peut le déduire sur les remboursements de TPS. Il lui arrive également de faire un
prélèvement sur le salaire ou les revenus de pension. Dans certains cas, il peut y avoir une saisie d'argent directement dans le compte bancaire.
«Il est arrivé que l'ARC suive certaines des étapes
précédentes, puis abandonne tout simplement, sans raison apparente, souvent lorsque la somme due ne dépassait pas 200 $», indique le site Internet de «Nos impôts pour la paix».«Les sommes en jeu sont très faibles. Contrairement aux Etats-Unis où on a déjê assisté ê des saisies de biens, je ne connais pas d'équivalent ê cela au Québec», souligne M. Mongeau.
L'organisme, qui compte ê peine une trentaine de membres ê travers le Québec, attire surtout les retraités et les travailleurs autonomes. Comme l'impôt des salariés est
prélevé ê la source, ces derniers peuvent difficilement participer au mouvement. Même s'il reconnaît le caractère illégal de sa démarche, M. Mongeau dit exercer son droit légitime ê la désobéissance civile.
«Certes, le mouvement aurait plus de sens s'il y avait plus de participants. Mais c'est une question de principe, affirme-t-il. Dans le contexte actuel, c'est une façon de marquer notre opposition ê la guerre en Afghanistan».
Cet écrivain fait aussi partie du groupe "Décroissance Montréal". Plus d'info ici:
http://yanaroo.byethost4.com/Wiki%20..._MONTR%C3%89AL
Et pour les amis de France:
http://decroissance.free.fr/
http://www.decroissance.info/
http://www.decroissance.org/